Investir des dividendes via une holding immobilière

Oui, le montage est pertinent — à condition de respecter des règles précises. Une holding immobilière permet de faire remonter les dividendes versés par ses filiales (SCI, SAS, SARL à l’IS) en bénéficiant du régime dit « mère-fille », qui exonère 95 % des sommes reçues. Seule une quote-part forfaitaire de 5 % reste imposable dans la holding. Résultat : vous réinvestissez la quasi-totalité des bénéfices sans subir le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % qui s’appliquerait à une distribution directe vers une personne physique.
Trois conditions sont à vérifier avant d’aller plus loin :
- La holding doit détenir au moins 5 % du capital de chaque filiale.
- Les titres doivent être conservés pendant au minimum deux ans.
- La filiale doit être soumise à l’impôt sur les sociétés (IS).
Si votre patrimoine immobilier est conséquent, que vous gérez plusieurs SCI et que vous souhaitez réinvestir régulièrement vos bénéfices, la holding mérite une étude sérieuse. Préparez vos bilans, vos statuts et vos flux de dividendes des trois dernières années avant de consulter un conseiller fiscal ou un notaire.
Points clés
| Point | Détails |
|---|---|
| Régime mère-fille | 95 % des dividendes exonérés dans la holding ; seule une quote-part de 5 % reste imposable à l’IS. |
| Conditions d’éligibilité | Détention ≥ 5 % du capital de la filiale, titres conservés ≥ 2 ans, filiale soumise à l’IS. |
| Seuil de rentabilité | Le montage devient favorable à partir d’environ 1 M€ de patrimoine et plusieurs SCI distinctes. |
| Risque principal | La double imposition résiduelle et la requalification si le montage manque de substance économique. |
| Financieresaintmatthieu | Propose un diagnostic chiffré et une modélisation sur cinq ans avant toute décision de structuration. |
Table des matières
- Qu’est-ce qu’une holding immobilière et sous quelle forme la créer ?
- Comment les dividendes remontent-ils jusqu’à vous via la holding ?
- Quels sont les avantages et les inconvénients réels du montage ?
- Dans quels cas le montage holding est-il vraiment rentable ?
- Comment mettre en place une holding immobilière pas à pas ?
- Exemple chiffré : holding versus détention directe (hypothèse illustrative)
- Quels pièges éviter pour rester en conformité ?
- Questions à poser à votre conseiller avant de vous lancer
- Quels risques spécifiques la holding immobilière fait-elle peser sur vos dividendes ?
- Quelles sont les obligations comptables et administratives récurrentes ?
- Comment réinvestir efficacement les dividendes au sein de la holding ?
- Quelles évolutions fiscales récentes affectent les holdings immobilières ?
- Ce que la holding révèle sur votre rapport à la gestion patrimoniale
- Financieresaintmatthieu vous accompagne dans la structuration de votre holding
- Sources
- Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une holding immobilière et sous quelle forme la créer ?
Une holding immobilière est une société dont l’objet principal est de détenir des participations dans d’autres sociétés immobilières — des SCI, des SAS ou des SARL qui, elles, détiennent et gèrent les biens. La holding ne loue pas directement : elle pilote, centralise la trésorerie et perçoit les dividendes remontés par ses filiales.
Deux grandes catégories coexistent, avec des conséquences fiscales et juridiques très différentes :
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La holding passive se contente de détenir des participations sans intervenir dans la gestion opérationnelle de ses filiales. Elle bénéficie du régime mère-fille mais n’a pas accès à certains avantages réservés aux structures animatrices (exonération IFI, pacte Dutreil, récupération de TVA sur frais de gestion).
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La holding animatrice participe activement à la conduite des filiales : elle leur facture des prestations de management, organise des réunions de pilotage, produit des tableaux de bord. Cette qualification ouvre des droits supplémentaires, notamment un abattement de 75 % sur les droits de donation ou de succession grâce au pacte Dutreil, à condition de prouver une activité réelle et documentée.
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Les formes juridiques les plus courantes pour la holding elle-même sont la SAS (souplesse statutaire, liberté de gouvernance) et la SARL (encadrement légal plus rigide mais familier des investisseurs). Pour les filiales qui détiennent les immeubles, la SCI reste la structure de référence — elle peut opter pour l’IS afin de permettre l’amortissement comptable des biens et rendre les dividendes éligibles au régime mère-fille. La SCI à l’IS permet d’amortir le bien et de réduire le bénéfice imposable, tandis que la holding centralise la trésorerie et bénéficie du régime mère-fille pour la remontée des dividendes.
-
L’option IS des SCI est irrévocable. Une fois exercée, il n’est plus possible de revenir au régime de transparence fiscale (IR). C’est l’une des décisions les plus structurantes du montage.
Comment les dividendes remontent-ils jusqu’à vous via la holding ?
Le parcours fiscal d’un dividende dans un montage holding-SCI suit trois étapes distinctes, chacune avec son propre niveau d’imposition.
Étape 1 — La filiale distribue. La SCI à l’IS dégage un résultat net après paiement de l’IS (taux réduit de 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, puis 25 % au-delà pour les sociétés éligibles). Elle vote la distribution en assemblée générale et verse les dividendes à la holding.
Étape 2 — La holding reçoit et exonère. Grâce au régime mère-fille, 95 % des dividendes reçus sont exonérés d’IS dans la holding. Seule une petite quote-part est réintégrée dans le résultat imposable de la holding et soumise à l’IS au taux applicable. Sur une somme importante de dividendes reçus, la holding paie l’IS sur une petite fraction imposable au taux de 25 %. Les 98 750 € restants sont disponibles pour réinvestir.
Étape 3 — Distribution aux associés personnes physiques (si applicable). Si vous souhaitez récupérer des liquidités à titre personnel, la holding distribue à son tour. Deux alternatives permettent d’éviter cette imposition : le remboursement d’un compte courant d’associé (non imposable s’il a été constitué avec des apports réels) ou la rémunération de gérance (déductible du résultat de la holding, mais soumise aux charges sociales).
Le tableau ci-dessous résume les conditions d’accès au régime mère-fille et les effets à chaque niveau :
| Niveau | Condition ou mécanisme | Effet fiscal |
|---|---|---|
| Filiale (SCI à l’IS) | Soumise à l’IS, résultat net après IS distribué | IS payé par la filiale avant distribution |
| Holding (société mère) | Détention ≥ 5 %, titres conservés ≥ 2 ans | 95 % exonérés, 5 % réintégrés et imposés à l’IS |
| Associés personnes physiques | Distribution depuis la holding | PFU 30 % |
| Intégration fiscale (option) | Détention ≥ 95 % de la filiale | Compensation des résultats intragroupe possible |

L’intégration fiscale, accessible lorsque la holding détient au moins 95 % d’une filiale, permet de compenser les pertes d’une société par les bénéfices d’une autre, ce qui peut lisser l’imposition du groupe sur plusieurs exercices.
Quels sont les avantages et les inconvénients réels du montage ?
Ce que la holding apporte concrètement
- Réinvestissement sans frottement fiscal immédiat. Les dividendes remontés restent disponibles à près de 99 % dans la holding pour financer de nouvelles acquisitions, sans attendre une distribution personnelle taxée à 30 %.
- Centralisation de trésorerie. La holding peut prêter des fonds à ses filiales via des conventions de trésorerie, évitant le recours systématique à un crédit bancaire externe.
- Amortissement à l’IS via les SCI filiales. L’amortissement comptable réduit le bénéfice imposable de la filiale, augmentant mécaniquement le résultat net distribuable à terme.
- Transmission facilitée. Si la holding est qualifiée d’animatrice, le pacte Dutreil permet un abattement de 75 % sur la valeur des parts transmises, réduisant considérablement les droits de donation ou de succession. Pour approfondir les stratégies de transmission, l’article sur la gestion patrimoniale en famille nombreuse offre des repères utiles.
Les contraintes à ne pas minimiser
- Coûts de création et de fonctionnement. La constitution d’une holding représente généralement entre 2 500 € et 8 000 €, et les frais comptables annuels oscillent entre 3 000 € et 8 000 € selon la complexité du groupe.
- Complexité administrative. Chaque société du groupe produit ses propres comptes, ses propres déclarations fiscales et ses propres assemblées générales.
- Conditions strictes à respecter. L’absence de documentation, une durée de détention inférieure à deux ans ou une filiale restée à l’IR suffisent à faire tomber l’avantage fiscal.
- Risque d’abus de droit. Un montage purement artificiel, sans substance économique réelle, peut être requalifié par l’administration fiscale.
Conseil de pro : Avant d’appliquer mécaniquement le régime mère-fille, vérifiez que chaque filiale a bien exercé et maintenu son option IS, que les procès-verbaux de distribution sont datés et signés, et que les titres figurent dans les comptes de la holding depuis au moins deux ans. Un seul point manquant peut remettre en cause l’exonération de l’exercice entier.
Dans quels cas le montage holding est-il vraiment rentable ?
La holding ne s’impose pas à tous les investisseurs immobiliers. Voici les critères qui font pencher la balance.
Un patrimoine immobilier inférieur à environ 1 million d’euros géré via une ou deux SCI génère rarement des flux de dividendes suffisants pour absorber les coûts fixes de structure. En dessous de ce seuil, les frais de constitution et les honoraires comptables annuels peuvent annuler l’avantage fiscal. Au-delà, l’équation s’inverse progressivement.
| Critère | Seuil ou situation favorable | Situation défavorable |
|---|---|---|
| Patrimoine immobilier | Supérieur à environ 1 M€ | Inférieur à environ 1 million d’euros |
| Nombre de SCI ou filiales | Deux ou plus | Une seule structure |
| Flux de dividendes annuels | Réguliers et significatifs | Irréguliers ou faibles |
| Objectif de réinvestissement | Acquisitions futures planifiées | Besoin de liquidités personnelles immédiat |
| Horizon de transmission | Projet de donation ou succession | Pas de projet à moyen terme |
| Tolérance à la complexité | Accompagnement professionnel en place | Gestion en solo sans expert-comptable |
Si vous cochez au moins quatre de ces critères favorables, la simulation chiffrée sur trois à cinq ans justifie presque toujours l’investissement dans la structure. En dessous, la nue-propriété immobilière ou une SCI à l’IS sans holding peut suffire.
Comment mettre en place une holding immobilière pas à pas ?
Le montage se construit en six étapes séquentielles. Brûler une étape, notamment la simulation fiscale préalable, est l’erreur la plus coûteuse.
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Diagnostic chiffré préalable. Rassemblez les bilans des trois derniers exercices de chaque SCI, les flux de dividendes historiques et les projets d’acquisition à trois ans. Demandez à votre expert-comptable une simulation comparative : détention directe versus holding sur cinq ans, avec et sans distribution aux associés.
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Choix de la forme juridique de la holding. La SAS offre la plus grande souplesse (libre fixation des règles de gouvernance, émission de catégories d’actions) ; la SARL convient mieux aux structures familiales simples. La comparaison SCI à l’IR ou à l’IS pour les filiales mérite une lecture attentive avant de décider.
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Rédaction des statuts et du pacte d’associés. Les statuts définissent la gouvernance ; le pacte d’associés précise les règles de sortie, les droits de préemption et les modalités de distribution. Un avocat spécialisé en droit des sociétés est indispensable à cette étape.
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Option IS des filiales SCI (si ce n’est pas encore fait). L’option doit être notifiée au service des impôts des entreprises avant la clôture de l’exercice concerné. Elle est irrévocable : prenez le temps de la valider avec votre conseiller.
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Rédaction des conventions intragroupe. Convention de management fees (prestations de la holding vers les filiales), convention de trésorerie (prêts intragroupe), contrats de prêt avec taux de marché. Ces documents sont la colonne vertébrale de votre conformité fiscale.
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Mise en place de la comptabilité et des déclarations. Chaque entité produit ses comptes annuels, sa liasse fiscale et ses déclarations de TVA si applicable. Prévoyez un expert-comptable dédié au groupe, pas seulement à chaque société séparément.
La fourchette de coût de constitution se situe généralement entre 2 500 € et 8 000 € (honoraires d’avocat, frais de greffe, rédaction des statuts).
Exemple chiffré : holding versus détention directe (hypothèse illustrative)
Les chiffres suivants sont présentés à titre d’illustration. Les résultats réels dépendent du taux d’IS applicable, du montage juridique retenu et de la situation personnelle de l’investisseur. Vérifiez les paramètres avec votre conseiller local.
Hypothèses : une SCI à l’IS dégage 100 000 € de résultat net après IS. L’associé unique souhaite réinvestir la totalité dans une nouvelle acquisition.
La holding permet d’accumuler des liquidités pour financer de nouvelles acquisitions sans subir le frottement fiscal d’une distribution directe.
Quels pièges éviter pour rester en conformité ?
Les redressements fiscaux sur les montages holding-SCI portent presque toujours sur les mêmes points.
- Appliquer le régime mère-fille sans avoir conservé les titres deux ans. La condition de durée est vérifiée exercice par exercice. Si vous avez restructuré le capital en cours de route, la date de départ repart à zéro.
- Oublier la quote-part de 5 %. Certains logiciels comptables n’intègrent pas automatiquement cette réintégration. Vérifiez chaque liasse fiscale.
- Des contrats intragroupe non justifiés économiquement. Les management fees doivent correspondre à des prestations réelles, facturées à un prix de marché. Une facturation forfaitaire sans contrat écrit ni preuve de service rendu est un signal d’alarme pour le vérificateur.
- Des avances en compte courant non rémunérées. Les flux intragroupe doivent être rémunérés à un taux de marché et encadrés par une convention écrite. Un prêt sans intérêt de la holding à une filiale peut être requalifié en acte anormal de gestion.
- L’illusion de la holding animatrice sans preuve. Revendiquer le statut d’animatrice sans produire de factures de prestations, de comptes rendus de réunions de pilotage ou de tableaux de bord transmis aux filiales expose à un redressement sur l’IFI et sur le pacte Dutreil.
Documents à conserver impérativement : conventions de management signées et datées, procès-verbaux d’assemblées générales de chaque filiale, registres des mouvements de titres, justificatifs de taux de détention, contrats de prêt intragroupe avec taux et échéancier.
Conseil de pro : Pour prétendre au statut d’animatrice, constituez un dossier annuel : factures de prestations émises par la holding vers chaque filiale, ordre du jour et comptes rendus de réunions de direction, tableaux de bord transmis par écrit. Ce dossier doit exister avant tout contrôle, pas être reconstitué après.
Questions à poser à votre conseiller avant de vous lancer
Un premier rendez-vous sans préparation coûte du temps et de l’argent. Voici les questions qui structurent un diagnostic utile.
- Quelle est la durée de détention actuelle de mes parts dans chaque SCI, et suis-je déjà éligible au régime mère-fille ?
- Mes SCI ont-elles opté pour l’IS, et si non, quel est l’impact d’une option aujourd’hui sur les plus-values latentes ?
- Pouvez-vous me produire une simulation comparative sur cinq ans : détention directe versus holding, avec et sans distribution finale aux associés ?
- Quels sont les coûts annuels estimés du groupe (comptabilité, juridique, déclarations) et à partir de quel flux de dividendes le montage devient-il rentable dans mon cas ?
- La holding peut-elle être qualifiée d’animatrice compte tenu de mon niveau d’implication dans les filiales, et quelles preuves dois-je constituer dès maintenant ?
- Existe-t-il un intérêt à mettre en place un pacte Dutreil dans mon projet de transmission, et quelles conditions dois-je remplir ?
- Quels documents juridiques dois-je faire rédiger en priorité (statuts, pacte d’associés, conventions intragroupe) et dans quel ordre ?
Pièces à apporter au rendez-vous : bilans des trois derniers exercices de chaque SCI, statuts en vigueur, tableau de répartition du capital, relevés de comptes courants d’associés, et si possible un prévisionnel de vos acquisitions futures.
Quels risques spécifiques la holding immobilière fait-elle peser sur vos dividendes ?
Le risque le plus souvent sous-estimé est celui de la double imposition résiduelle. Si l’objectif est de récupérer rapidement des liquidités personnelles, la holding n’apporte pas d’avantage net par rapport à une SCI à l’IS détenue directement — elle n’est utile que si vous laissez les fonds travailler dans la structure.
Le risque de requalification du montage est réel lorsque la holding n’a pas de substance propre : pas de salariés, pas de locaux, pas de prestations facturées, pas de compte bancaire actif. L’administration fiscale peut alors écarter le régime mère-fille et imposer les dividendes comme s’ils avaient été distribués directement à la personne physique, avec pénalités.
Côté immobilier, la gestion multi-sociétés multiplie les risques opérationnels : un locataire défaillant dans une SCI filiale peut bloquer la trésorerie du groupe si les conventions de trésorerie ne prévoient pas de mécanisme de compensation. La centralisation est un avantage, mais elle crée aussi une dépendance entre entités qui doivent rester juridiquement distinctes.
Quelles sont les obligations comptables et administratives récurrentes ?
Une holding immobilière n’est pas une structure qu’on crée et qu’on oublie. Elle génère des obligations annuelles pour chaque entité du groupe.
Chaque société (holding et filiales) doit clôturer ses comptes dans les six mois suivant la fin de l’exercice, approuver les comptes en assemblée générale, déposer la liasse fiscale et publier les comptes au greffe du tribunal de commerce.
Les procès-verbaux d’assemblée générale ordinaire annuelle sont obligatoires dans chaque société. Ils constituent aussi la preuve documentaire que les dividendes ont été régulièrement votés avant d’être versés — un point que l’administration vérifie systématiquement lors d’un contrôle.
Les conventions intragroupe (management fees, trésorerie, prêts) doivent être révisées chaque année pour s’assurer que les taux et les conditions restent conformes aux prix de marché. Un taux d’intérêt sur un prêt intragroupe figé depuis cinq ans alors que les taux de marché ont évolué est un point de fragilité documentaire.
Prévoyez un calendrier annuel : clôture des comptes (mars-avril), assemblées générales (mai-juin), dépôt des liasses fiscales (mai pour les exercices au 31 décembre), et révision des conventions (septembre-octobre). Ce rythme, bien géré avec un expert-comptable de groupe, reste maîtrisable.
Comment réinvestir efficacement les dividendes au sein de la holding ?
La holding n’est pas un simple réceptacle fiscal.
Acquisition directe par la holding. La holding achète des parts de nouvelles SCI ou prend des participations dans d’autres sociétés immobilières. C’est la stratégie la plus simple : les fonds restent dans la structure, les nouvelles participations bénéficient immédiatement du régime mère-fille pour les futurs dividendes.

Prêt aux filiales existantes. La holding prête des fonds à une SCI filiale pour financer des travaux ou un apport sur une nouvelle acquisition. Le prêt doit être rémunéré à un taux de marché et encadré par une convention écrite. Cette approche évite de diluer le capital de la filiale tout en mobilisant la trésorerie du groupe.
Investissement en SCPI via la holding. Certains investisseurs utilisent la trésorerie de la holding pour acquérir des parts de SCPI (sociétés civiles de placement immobilier). Les dividendes versés par les SCPI remontent alors dans la holding et peuvent, sous conditions, bénéficier du régime mère-fille si la SCPI est soumise à l’IS — ce qui n’est pas systématique. Vérifiez le régime fiscal de la SCPI avant d’investir via une holding.
Conseil de pro : L’effet réel d’une holding apparaît lorsque vous conservez les bénéfices plusieurs années pour financer de nouvelles acquisitions plutôt que de distribuer immédiatement aux associés. Un horizon de trois à cinq ans sans distribution personnelle est souvent le minimum pour que le montage dégage un avantage net mesurable.
Quelles évolutions fiscales récentes affectent les holdings immobilières ?
Le cadre fiscal des holdings immobilières en France a connu plusieurs ajustements ces dernières années, sans remise en cause du régime mère-fille lui-même.
Cette stabilité favorise la planification à long terme des flux de dividendes intragroupe.
La définition de la holding animatrice a fait l’objet d’une jurisprudence fournie ces dernières années, notamment sur les conditions de qualification pour l’IFI et le pacte Dutreil. Les tribunaux ont durci les exigences de preuve : une simple participation au capital ne suffit plus, il faut démontrer une animation effective et continue. Cette évolution renforce l’importance de la documentation mentionnée dans les sections précédentes.
Sur le plan des SCPI, la réforme de leur régime de distribution et les nouvelles règles de valorisation des parts ont modifié l’attractivité relative de ce véhicule au sein d’une holding. Les investisseurs qui avaient intégré des SCPI dans leur stratégie de dividendes doivent réévaluer la pertinence du montage à la lumière des rendements actuels et du régime fiscal applicable à leur SCPI spécifique.
Enfin, les règles anti-abus européennes (directive ATAD) continuent d’influencer la doctrine administrative française sur les montages holding, en particulier lorsque des entités étrangères sont impliquées. Pour un montage purement franco-français, l’impact reste limité, mais tout élément transfrontalier mérite une analyse spécifique.
Ce que la holding révèle sur votre rapport à la gestion patrimoniale
La holding immobilière est souvent présentée comme un outil d’optimisation fiscale. C’est vrai, mais réducteur. Ce que le montage révèle surtout, c’est votre rapport au temps et à la complexité.
En revanche, celui qui construit une holding parce qu’il veut transmettre un patrimoine de plusieurs millions d’euros à ses enfants dans quinze ans, tout en réinvestissant chaque année dans de nouvelles acquisitions, fait un choix cohérent avec ses objectifs.
Ce qui m’interpelle dans les dossiers mal montés, c’est l’absence de vision consolidée. On crée la holding, on transfère les SCI, et on s’arrête là. Personne ne modélise le flux sur dix ans, personne ne prépare les conventions intragroupe, personne ne documente l’animation. Résultat : la structure existe sur le papier mais ne produit pas les effets attendus — et elle coûte entre 5 000 € et 15 000 € par an en frais de gestion.
La vraie question n’est pas « comment éviter la flat tax ? » mais « quel patrimoine est-ce que je veux avoir dans vingt ans, et quelle structure me permet d’y arriver avec le moins de frottements possibles ? ». La holding répond à cette deuxième question. Pas toujours à la première. Sur les dividendes comme revenu passif et leur dimension éthique, la réflexion mérite d’aller au-delà du seul prisme fiscal.
Financieresaintmatthieu vous accompagne dans la structuration de votre holding
Mettre en place une holding immobilière sans simulation préalable, c’est avancer sans carte. Financieresaintmatthieu propose un diagnostic patrimonial complet : modélisation des flux de dividendes sur cinq ans, comparaison des scénarios (détention directe, SCI à l’IS, holding animatrice ou passive), et rédaction des conventions intragroupe en lien avec des notaires et avocats partenaires.

Le cabinet gère plus de 150 millions d’euros de patrimoine avec une approche sur-mesure et éthique — chaque recommandation est construite sur un audit individualisé, pas sur un modèle standard. Avant votre premier rendez-vous, préparez les bilans des trois derniers exercices de vos SCI, vos statuts en vigueur et un état de vos projets d’acquisition. Consultez la page nos services pour découvrir les modalités d’accompagnement et prendre contact avec l’équipe.
Sources
- Holding immobilière : définition, avantages et création en 2026
- Holding vs SCI : quel montage choisir ? - Tableau : Distinction des types de subventions et fiscalité
Les règles fiscales évoluent. Vérifiez systématiquement l’actualité législative auprès d’un conseiller local avant toute décision.
Cet article constitue une information générale et ne remplace pas l’avis d’un conseiller financier qualifié. Consultez un professionnel financier qualifié à propos de votre cas personnel avant d’agir sur la base de ce contenu.
Questions fréquentes
Peut-on investir dans l’immobilier directement via une holding ?
Oui, une holding peut acquérir des parts de SCI ou d’autres sociétés immobilières, et même des biens en direct, mais la structure est optimisée lorsque les actifs sont logés dans des filiales distinctes qui remontent leurs dividendes via le régime mère-fille.
Comment récupérer des dividendes de sa holding à titre personnel ?
Une alternative consiste à se rembourser un compte courant d’associé constitué d’apports réels, qui n’est pas imposable.
Comment éviter la flat tax de 30 % sur les dividendes d’une holding ?
La seule façon de ne pas le payer est de laisser les liquidités dans la holding pour réinvestir.





































































































