Compte courant d'associé et intérêts : règles de déductibilité en 2026

Oui, un associé peut percevoir des intérêts sur son compte courant. Mais pour la société, seule la partie de ces intérêts au plus égale au taux effectif moyen pratiqué par les banques est déductible du résultat fiscal. Au-delà de ce plafond, l’excédent doit être réintégré au bénéfice imposable, ce qui alourdit mécaniquement l’impôt sur les sociétés.
En bref:
- Seule la part des intérêts versés au-delà du taux effectif moyen pratiqué par les banques est déductible, le reste étant réintégré au résultat fiscal.
- La déductibilité des intérêts dépend de la libération totale du capital social, du respect du TMP, et d’une convention écrite validée par l’assemblée.
- Le TMP est publié chaque trimestre par l’administration, et son application doit être vérifiée selon la date de clôture comptable de la société.
- Un dépassement du TMP entraîne une réintégration fiscale de l’excédent, qui alourdit la base imposable de la société, tout en taxant l’associé sur la totalité des intérêts perçus.
- La formalisation rigoureuse des conventions, la vérification périodique du TMP, et une gestion patrimoniale cohérente sont essentielles pour éviter les redressements.
Table des matières
- Comprendre le TMP : définition, base légale et application pratique
- Conditions et formalités pour que les intérêts soient déductibles
- Conséquences fiscales en cas de dépassement du TMP
- Bonnes pratiques et erreurs à éviter lors de la rémunération d’un CCA
- Perspective patrimoniale : arbitrer intérêts de CCA et dividendes selon une approche éthique
- Un accompagnement sur mesure pour sécuriser votre compte courant d’associé
- Questions fréquentes
- Sources
Comprendre le TMP : définition, base légale et application pratique
Le taux effectif moyen pratiqué par les établissements de crédit, souvent abrégé TMP, sert de référence pour borner la déductibilité fiscale des intérêts versés aux associés sur leur compte courant. Cette limite est définie dans l’article 39 du Code général des impôts, qui calcule le plafond à partir de la moyenne annuelle des taux effectifs moyens constatés par les banques. L’administration fiscale publie ce taux chaque trimestre, et son niveau dépend directement de la date de clôture de l’exercice de la société concernée.
Retrouver le bon TMP suppose donc de connaître précisément la date de clôture comptable, puis de consulter la publication correspondante avant d’arrêter le taux appliqué au compte courant. Concrètement, pour une société qui clôture son exercice en décembre, le taux retenu correspondra à la moyenne publiée sur la période de référence qui couvre cet exercice, et non au dernier taux trimestriel connu au moment du versement.
Quelques repères aident à s’y retrouver :
- Le TMP change chaque trimestre, il faut donc vérifier la version applicable à l’exercice concerné et non celle en vigueur au moment de la rédaction de la convention.
- La référence officielle de ce taux figure au BOFiP, qui détaille les modalités de calcul et la méthode de correspondance avec les exercices clos.
- Un taux fixé après la clôture, sans vérification de la période de référence exacte, expose à une réintégration partielle même en toute bonne foi.
Le plafond de déductibilité des intérêts de compte courant d’associé est régulièrement actualisé par l’administration fiscale, ce qui signifie qu’une convention rédigée il y a plusieurs années mérite d’être revue avant chaque clôture.
Conditions et formalités pour que les intérêts soient déductibles
La déductibilité des intérêts versés à un associé repose sur deux conditions cumulatives posées par l’article 39-1-3° du CGI, rappelées dans la doctrine administrative du BOFiP. La première exige que le capital social soit intégralement libéré : une société qui n’a pas encore appelé la totalité des apports promis par ses associés ne peut pas déduire ces intérêts, quel que soit le taux pratiqué. Cette règle vise à éviter qu’un associé finance sa propre société par avance plutôt que par apport en capital tout en profitant d’un avantage fiscal.
La seconde condition porte sur le taux lui-même, qui ne doit pas dépasser le TMP applicable à l’exercice. Au-delà de ces deux conditions de fond, un formalisme precis sécurise le dossier :
- Rédiger une convention écrite fixant le taux, la périodicité de calcul et les modalités de remboursement du compte courant.
- Faire valider cette convention par une décision d’assemblée lorsque la forme sociale l’exige, notamment en présence d’une convention réglementée.
- Déclarer les intérêts versés sur l’imprimé fiscal unique 2561 lorsque le bénéficiaire est une personne physique.
- Déposer le formulaire 2777 pour le prélèvement forfaitaire non libératoire le cas échéant.
- Conserver le calcul daté du TMP retenu pour l’exercice, qui constitue une preuve en cas de contrôle.
Les avances intra-groupe bénéficient par ailleurs d’aménagements particuliers, prévus par le même article du CGI, qui assouplissent la limite dans certaines configurations de trésorerie centralisée.
Conséquences fiscales en cas de dépassement du TMP
Quand le taux appliqué dépasse le TMP, la part excédentaire des intérêts n’est pas déductible pour la société. Elle fait l’objet d’une réintégration extra-comptable au résultat fiscal, ce qui augmente d’autant la base soumise à l’impôt sur les sociétés, sans que la comptabilité elle-même soit modifiée. L’opération reste donc purement fiscale, mais son effet sur la charge d’impôt est bien réel.

Du côté de l’associé qui perçoit les intérêts, la fiscalité s’applique sur la totalité de la somme versée, y compris la fraction jugée non déductible pour la société. Les intérêts de compte courant perçus par une personne physique supportent le prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux de 18,6 %, soit 31,4 % au total en 2026, sauf option pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu lorsque celle-ci s’avère plus favorable.
Quelques points méritent d’être gardés en tête :
- La réintégration ne change rien à l’imposition de l’associé : il reste taxé sur l’intégralité des intérêts reçus, même sur la part réintégrée côté société.
- Un associé personne morale intègre les intérêts perçus dans son propre résultat, soumis à l’impôt sur les sociétés selon son régime habituel.
- Une société qui verse des intérêts d’un montant supérieur à celui respectant le TMP voit la partie excédentaire réintégrée à son résultat imposable, ce qui alourdit son IS sans réduire la fiscalité personnelle de l’associé.
Bonnes pratiques et erreurs à éviter lors de la rémunération d’un CCA
Verser des intérêts sur un compte courant d’associé sans discipline documentaire expose à des redressements évitables. Avant chaque clôture, il convient de vérifier le TMP applicable à l’exercice, de s’assurer que la convention écrite reflète bien le taux retenu, et de réunir les procès-verbaux d’assemblée quand la forme sociale l’exige.
Un point mérite une vigilance particulière : chaque compte courant s’apprécie individuellement, et la compensation entre plusieurs comptes d’un même associé n’est pas admise. Un associé disposant de plusieurs comptes ne peut donc pas compenser un compte débiteur par un compte créditeur pour justifier un taux global.
Quelques réflexes limitent les risques en cas de contrôle :
- Conserver une trace écrite et datée du TMP retenu pour chaque exercice, avec la méthode de calcul utilisée.
- Vérifier la qualification de convention réglementée dès la rédaction, en particulier en SARL, car l’absence de validation formelle fragilise la déduction.
- Documenter systématiquement les versements d’intérêts, même partiels ou tardifs, pour éviter toute requalification en avance sans contrepartie.
Conseil de pro : intégrez la vérification du TMP à votre check-list de clôture annuelle, au même titre que le rapprochement bancaire : cela évite de découvrir un dépassement a posteriori, une fois la liasse fiscale déposée.
Perspective patrimoniale : arbitrer intérêts de CCA et dividendes selon une approche éthique
Entre intérêts de compte courant et dividendes, le choix dépend moins d’une préférence fiscale que de la situation réelle de la société. Les intérêts offrent une souplesse précieuse quand l’entreprise ne dégage pas encore de bénéfice distribuable, puisqu’ils rémunèrent une avance de trésorerie indépendamment du résultat. Les dividendes, eux, supposent un bénéfice et une décision d’assemblée, mais échappent au plafond du TMP.
Nous considérons qu’un arbitrage sérieux entre les deux options ne se limite jamais au seul taux facial : il engage la gouvernance de l’entreprise, la lisibilité des comptes vis-à-vis des tiers, et la cohérence avec une vision patrimoniale de long terme plutôt que la seule optimisation immédiate. C’est cette discipline, alliée à une gestion patrimoniale rigoureuse, qui nourrit notre conviction qu’une rémunération bien documentée vaut toujours mieux qu’un gain fiscal mal assis.
Un accompagnement sur mesure pour sécuriser votre compte courant d’associé
Structurer la rémunération d’un compte courant d’associé demande de croiser droit fiscal, gouvernance d’entreprise et vision patrimoniale globale, un exercice que nous menons au quotidien avec les dirigeants qui nous sollicitent.

- Nous réalisons un diagnostic complet de votre compte courant d’associé et de sa conformité au regard du TMP applicable.
- Nous rédigeons ou actualisons votre convention et les documents de gouvernance associés.
- Nous intégrons cette décision dans une stratégie patrimoniale plus large, fondée sur la transparence de nos recommandations et un engagement à soutenir des projets caritatifs.
Pour échanger sur votre situation, consultez nos services de conseil en gestion de patrimoine et prenez contact avec notre équipe.
Cet article constitue une information générale et ne remplace pas l’avis d’un conseiller financier qualifié. Consultez un professionnel financier qualifié à propos de votre cas personnel avant d’agir sur la base de ce contenu.
Questions fréquentes
Quel taux d’intérêt choisir pour un compte courant d’associé ?
Le taux se négocie librement entre l’associé et la société, mais seule la fraction au plus égale au TMP publié par l’administration fiscale reste déductible pour la société. Beaucoup de dirigeants fixent volontairement un taux légèrement inférieur au TMP pour réduire le risque de réintégration en cas de contrôle.
Un compte courant d’associé rapporte-t-il automatiquement des intérêts ?
Non, le versement d’intérêts n’est pas automatique : il dépend d’une convention conclue entre l’associé et la société, et en l’absence d’une telle décision, le compte peut rester une avance sans rémunération. Quand les associés décident de rémunérer le compte, ils fixent un taux qui doit respecter les conditions de déductibilité propres à la société.
Quel taux appliquer en l’absence de taux fixé par les parties ?
Il reste préférable de formaliser un taux contractuel plutôt que de s’en remettre à ce taux supplétif, pour garder la maîtrise de la déductibilité.
Quel sera le taux de référence du compte courant d’associé en 2026 ?
Le TMP applicable en 2026 dépend de la date de clôture de l’exercice concerné, puisque l’administration fiscale le publie chaque trimestre. Il convient donc de consulter la publication correspondant précisément à la période de clôture de votre société plutôt que de retenir un taux générique valable toute l’année.
Que se passe-t-il si les intérêts dus ne sont pas versés ?
Des intérêts courus mais non payés restent comptabilisés en charge à payer et suivent les mêmes règles de déductibilité que des intérêts effectivement versés, sous réserve de respecter le plafond du TMP. L’absence prolongée de versement peut toutefois amener l’administration à requalifier l’opération en avance sans contrepartie réelle si aucune trace contractuelle ne justifie la créance.
Sources
- BOFiP — BOI-BIC-CHG-50-50-30 (publication 2026-05-13)
- Article 39 - Code général des impôts (Légifrance)
- Impots.gouv — Aide fiscalité des capitaux mobiliers (2026)





































































































