Screening négatif et positif : comment filtrer ses placements selon sa foi

L'essentiel en bref
- Le screening = filtrer ses placements selon des critères définis.
- Négatif : exclure ce qui contredit la foi (les catégories de Mensuram Bonam).
- Positif : privilégier ce qui sert le bien commun (best-in-class, impact).
- Mensuram Bonam ajoute un 3e levier : l'engagement actionnarial.
- Les seuils de revenus permettent de nuancer plutôt que d'exclure en bloc.
Qu'est-ce que le screening (négatif et positif) ?
Le screening est la méthode qui transforme des convictions en règles d'investissement concrètes.
À définir : le screening négatif (ou exclusion) écarte certaines entreprises ou secteurs ; le screening positif (ou sélection positive) privilégie les entreprises les mieux-disantes au regard de critères choisis.
Ce que dit l'Église. Mensuram Bonam articule cette logique en invitant à la fois à éviter (exclure) et à améliorer (orienter positivement, via le best-in-class et l'investissement d'impact), au service du bien commun. Le screening n'est donc pas qu'une affaire d'interdits.
Le screening négatif : exclure
C'est le plus connu : on dresse une liste de ce qu'on ne veut pas financer.
Les catégories d'exclusion suivent l'enseignement de l'Église : atteinte à la vie, pornographie, armement controversé, jeux d'argent, entre autres (voir notre article dédié aux secteurs à exclure). L'outil clé est le seuil de revenus : on exclut totalement les acteurs dont l'activité incompatible est le cœur de métier, et on applique un seuil bas pour les expositions marginales des grands groupes. Cela évite à la fois la naïveté et la quête d'une pureté impossible.
Le screening positif : orienter
Moins connu, mais essentiel : il ne suffit pas d'éviter le mal, encore faut-il soutenir le bien.
Le screening positif privilégie les entreprises qui se distinguent positivement — approche best-in-class (les meilleures de leur secteur) — ou les projets à forte utilité sociale et environnementale (investissement d'impact, finance solidaire).
Ce que dit l'Église. Le Compendium de la doctrine sociale fait du bien commun un critère central ; Mensuram Bonam invite à améliorer ses investissements en ce sens. Orienter son épargne vers ce qui sert l'homme et la création est l'autre face, positive, de la cohérence.
Et l'engagement actionnarial ?
C'est le troisième levier, souvent négligé des particuliers, mais puissant.
Plutôt que de seulement vendre, l'actionnaire peut voter en assemblée générale, dialoguer avec les directions, et s'associer à d'autres investisseurs pour peser. Mensuram Bonam y voit un devoir : rester présent pour faire évoluer une entreprise peut être plus fécond que l'exclusion pure. De nombreux fonds pratiquent cet engagement pour le compte de leurs porteurs.
Cas pratique chiffré
Exemple illustratif, non personnalisé. Un investisseur structure 80 000 € en trois temps. Screening négatif : exclusion des catégories qu'il réprouve (via un fonds filtré). Screening positif : une poche best-in-class et une petite poche d'impact (10 %) orientée vers des projets utiles. Engagement : il choisit des fonds qui votent et dialoguent activement. Le portefeuille n'est plus seulement « propre » ; il devient acteur du bien commun.
Le regard de La Financière Saint-Matthieu
Nous aidons nos clients à dépasser le réflexe « exclure » pour construire une démarche complète : exclusions calibrées (avec seuils), sélection positive, et choix de supports qui pratiquent l'engagement. Filtrer, oui — mais aussi orienter et peser. C'est tout l'écart entre un portefeuille défensif et un portefeuille cohérent.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le screening ? La méthode qui consiste à filtrer ses placements selon des critères définis, pour les rendre cohérents avec ses convictions.
Quelle différence entre screening négatif et positif ? Le négatif exclut ce qu'on ne veut pas financer ; le positif privilégie les entreprises les mieux-disantes ou à fort impact.
Faut-il tout exclure, ou peut-on nuancer ? On peut nuancer grâce aux seuils de revenus : exclusion totale pour le cœur de métier incompatible, seuil bas pour l'exposition marginale.
L'engagement actionnarial, à quoi sert-il ? À faire évoluer une entreprise de l'intérieur, par le vote et le dialogue, plutôt que par la seule exclusion. Mensuram Bonam y voit un devoir.
Le best-in-class est-il catholique ? C'est un outil de screening positif compatible avec la foi, à condition de l'assortir des exclusions morales que l'ESG seul ne porte pas.
Conclusion
Le screening transforme vos convictions en règles concrètes : exclure le mal, orienter vers le bien, peser par l'engagement. Les trois ensemble dessinent un investissement vraiment cohérent avec la foi.
Pour mettre en place un filtrage adapté à vos valeurs, demandez un bilan patrimonial aligné sur vos valeurs.
Pour aller plus loin
- Investir et transmettre selon la Doctrine Sociale de l'Église : le guide complet
- Investissement catholique : investir sans financer ce que l'Église réprouve
- Quels secteurs un investisseur catholique doit-il exclure ?
- ISR, ESG et investissement catholique : quelles différences ?
- Existe-t-il des fonds d'investissement catholiques en France ?
Sources & références
- Académie pontificale des sciences sociales, Mensuram Bonam (2022) — pass.va.
- Conseil pontifical Justice et Paix, Compendium de la doctrine sociale de l'Église (2004) — vatican.va.
- Oeconomicae et pecuniariae quaestiones (2018) — vatican.va.
Cet article a une vocation informative et pédagogique. Il présente des éléments de la Doctrine sociale de l'Église et n'engage que leur lecture par l'auteur ; pour tout discernement moral ou spirituel, référez-vous à l'enseignement de l'Église et à un accompagnement adapté. Il ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé, ni une recommandation, ni une incitation à investir. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et tout investissement comporte un risque de perte en capital. La Financière Saint-Matthieu — mentions légales / statut CIF / ORIAS n° 24005661 (GML Vie).








































