L'économie de communion : entreprendre et partager

L'essentiel en bref
- L'économie de communion : modèle lancé par Chiara Lubich (Focolari) en 1991 au Brésil.
- Les entreprises partagent leurs bénéfices en trois parts : pauvres, culture du don, entreprise.
- C'est une « économie du don » : le don entre dans la finalité même de l'entreprise.
- Reconnue par Caritas in Veritate ; environ 800 entreprises dans le monde.
- On peut s'en inspirer sans adhésion formelle (partage des bénéfices, primauté de la relation).
Qu'est-ce que l'économie de communion ?
Tout naît d'une intuition née face à une injustice.
En 1991, lors d'un voyage au Brésil, Chiara Lubich — fondatrice du mouvement des Focolari — est frappée par les bidonvilles au pied des gratte-ciel de São Paulo. Comment l'homme capable de bâtir des gratte-ciel peut-il laisser un enfant mourir de faim ? De cette interrogation naît l'idée d'un réseau d'entreprises qui partageraient une part de leurs bénéfices et privilégieraient la relation — l'« économie de communion ».
À définir : l'économie de communion (EdC) est un modèle d'entreprise dans lequel le don entre dans la finalité et la culture mêmes de l'activité : on produit et l'on vend, mais une part des bénéfices est délibérément partagée.
Le partage des bénéfices en trois parts
C'est le cœur concret du modèle.
Les entreprises adhérentes répartissent librement leurs bénéfices en trois parts : une part pour aider directement les plus pauvres à sortir de la misère ; une part pour diffuser une culture du don et la formation ; une part pour développer l'entreprise elle-même. Le don n'est donc pas une charité « à côté » de l'activité : il est intégré à sa finalité.
| Part des bénéfices | Destination |
|---|---|
| 1re part | Aide directe aux plus pauvres |
| 2e part | Diffusion d'une culture du don, formation |
| 3e part | Développement de l'entreprise |
Pourquoi est-ce important pour l'Église ?
Parce que l'économie de communion illustre une intuition de la Doctrine Sociale récente.
Ce que dit l'Église. Caritas in Veritate (2009) appelle à introduire la logique du don et de la gratuité dans la vie économique, et cite explicitement l'économie de communion (n°46) parmi les formes d'entreprise qui dépassent l'opposition entre profit et solidarité. Ce n'est donc pas une utopie marginale, mais un exemple concret salué par le magistère.
Comment s'en inspirer ?
Nul besoin d'adhérer formellement pour en adopter l'esprit.
Un dirigeant peut partager une part de ses bénéfices (don aux plus démunis, soutien à des œuvres), privilégier la qualité des relations (salariés, fournisseurs, clients) et intégrer le don dans sa stratégie plutôt que de le reléguer en marge. Environ 800 entreprises dans le monde — et une trentaine de PME en France — vivent ce modèle. Pour structurer le partage, le don ou un fonds de dotation peuvent servir d'outils.
Cas pratique chiffré
Exemple illustratif, non personnalisé. Inspiré par l'économie de communion, un dirigeant décide d'affecter chaque année une part de ses bénéfices selon trois finalités : un soutien direct à une œuvre auprès des plus démunis, une action de formation et de sensibilisation au don dans son entreprise, et le réinvestissement pour pérenniser l'activité et l'emploi. Le don devient partie intégrante de son projet d'entreprise.
Le regard de La Financière Saint-Matthieu
L'économie de communion inspire notre conviction : le don peut entrer dans la finalité de l'entreprise, pas seulement dans sa marge. Nous aidons les dirigeants à structurer ce partage (don, fonds de dotation) de façon efficace et fidèle à leurs valeurs. Entreprendre et partager, ce n'est pas contradictoire.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que l'économie de communion ? Un modèle d'entreprise où le don entre dans la finalité de l'activité : une part des bénéfices est partagée pour les pauvres, pour une culture du don et pour l'entreprise.
Qui a fondé l'économie de communion ? Chiara Lubich, fondatrice du mouvement des Focolari, en 1991 lors d'un voyage au Brésil.
Comment les bénéfices sont-ils partagés ? En trois parts : aide directe aux plus pauvres, diffusion d'une culture du don et formation, et développement de l'entreprise.
Faut-il adhérer pour s'en inspirer ? Non. On peut en adopter l'esprit librement : partager une part des bénéfices, privilégier la relation, intégrer le don à sa stratégie.
L'Église la reconnaît-elle ? Oui. Caritas in Veritate (2009) cite explicitement l'économie de communion comme exemple d'une économie du don.
Conclusion
L'économie de communion montre qu'entreprendre et partager peuvent aller de pair : en répartissant ses bénéfices entre les pauvres, la culture du don et l'entreprise, le dirigeant fait du don une finalité, non une marge. Un modèle inspirant, salué par l'Église.
Pour structurer le partage des bénéfices de votre entreprise, demandez un bilan patrimonial aligné sur vos valeurs.
Pour aller plus loin
- Investir et transmettre selon la Doctrine Sociale de l'Église : le guide complet
- Le dirigeant chrétien et la Doctrine Sociale de l'Église
- Qu'est-ce qu'une entreprise chrétienne ? Définition et principes
- Créer un fonds de dotation : structurer sa générosité
- L'économie sociale et solidaire et la Doctrine Sociale de l'Église
Sources & références
- Benoît XVI, Caritas in Veritate (2009), n°46 — vatican.va.
- Mouvement des Focolari, projet « Économie de communion » (depuis 1991) — economie-de-communion.fr.
- Conseil pontifical Justice et Paix, Compendium de la doctrine sociale de l'Église — vatican.va.
Cet article a une vocation informative et pédagogique. Il présente des éléments de la Doctrine sociale de l'Église et n'engage que leur lecture par l'auteur. Il ne constitue ni un conseil en investissement, ni un conseil juridique, fiscal ou patrimonial personnalisé. La Financière Saint-Matthieu — mentions légales / statut CIF / ORIAS n° 24005661 (GML Vie).


































































































